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Site et monument historiques

Villa Gallo Romaine

Galerie
Description

Il s’agit de la partie résidentielle d’un domaine rural. L’édifice, d’une dimension modeste (35 mètres de côté), a un plan carré rare, ainsi qu’une qualité de construction et de décors remarquable.
Elle a été redécouverte en 1983.

Cette villa fait partie, comme plusieurs autres villas déjà reconnues à proximité, de l’agglomération antique de Gilly-sur-Isère redécouverte en 1983 après sondages et photos aériennes.
Elle est implantée dans la Combe de Savoie, non loin de l’Isère, donc au pied des Grandes Alpes, sur le trajet de la grande voie romaine Milan-Vienne et à proximité de la station routière antique d’Ad Publicanos située sans doute à Albertville.
Découverte fortuitement dans les terrassements d’une plantation fruitière, la villa a été fouillée de 1975 à 90 de façon presque intégrale par une équipe bénévole. Les vestiges de murs, restaurés, sont conservés et visitables en tout temps. La mosaïque, restaurée, est visible au musée de Conflans à Albertville.

• Une belle résidence provinciale
Il s’agit de la partie résidentielle (pars urbana) d’un domaine rural (villa). L’édifice, d’une dimension modeste (35 mètres de côté), a cependant un plan carré rare, ainsi qu’une qualité de construction et de décors remarquable.
Ce plan est agencé autour d’une galerie à péristyle et d’une cour centrale, rappelant comme la maçonnerie en pierre et les toitures en tuiles, les villas de l’Italie romaine.
On y compte 25 pièces d’habitation, en général de belles proportions (30 à 40 m2 et parfois 90 m2). La circulation et la communication entre ces pièces s’effectuaient à partir de la galerie centrale soutenue par des colonnes, dont une seule a été retrouvée. Sur la hauteur de 4 mètres, de petites fenêtres devaient assurer un éclairage parcimonieux. Cet édifice typiquement méditerranéen, était certes élégant mais privé de chauffage et peu adapté à un climat montagnard.
Seuls les thermes privés bénéficiaient d’un chauffage par hypocauste (ou dalle chauffante) pour les salles chaude (caldarium) et tiède (tepidarium) voisinant avec une salle froide (frigidarium) et un bassin.

• Des décors de qualité
- Des enduits muraux peints de couleurs vives où dominaient les rouges décoraient tous les murs des pièces habitables ainsi que ceux de la galerie. Unis ou en panneaux composés, ils imitaient, en plus simple, les décors de résidences viennoises ou italiques. De larges fragments en ont été recueillis au milieu des décombres.
- Les portes des pièces de réception étaient encadrées de placages de marbres de Carrare moulurés.
- Les mosaïques.
Deuxième site de Savoie connu pour ses mosaïques, cette villa possédait, dans deux salles centrales, des pavements mosaïqués de belles dimensions (9 x 5 m et 9 x 3,5 m), à décor géométrique noir et blanc, en grande partie conservés. Bien exécutés, l’un (M) au schéma de bandes croisées avec losanges et l’autre avec ses simples losanges alternés (N) apparaissent, aux dires du spécialiste H. Lavagne, comme des modèles plus italiques que viennois et d’apparition précoce en Savoie grâce à un atelier de mosaïstes itinérants.
Ces deux salles, comme une troisième au pavement de marbre, seules à pouvoir être identifiées avec les salles thermales, correspondent à des espaces d’apparat, triclinium (salle à manger) et salles de réception. Parmi les autres, rien ne permet malheureusement d’identifier la cuisine, la circulation d’eau, les chambres ou le laraire.
Le propriétaire de cette villa, dont aucune inscription dédicatoire n’a été trouvée, possédait le goût très romain des belles choses et de bons moyens financiers. Romain ou allobroge, il faisait visiblement partie de l’élite locale, commerciale ou administrative de l’agglomération, comme cet autre, Titus Julius Creticus, connu lui par un inscription (conservée à la base du clocher) mais non par sa villa.

• Des vestiges de la vie courante
Dans le mobilier archéologique, (conservé au musée de Conflans) on n’a retrouvé que peu d’objets épars, tellement cette résidence a été pillée après son abandon, récupération qui a affecté jusqu’aux poutres, aux moëllons des murs et aux pierres taillées, matériaux rares à Gilly.
Aussi, n’a-t-on qu’une quinzaine de monnaies (sesterces du 2ème siècle et deniers du 3ème siècle).
Parmi la céramique, plus de poteries communes ou noire allobroge du 3ème siècle que de céramiques rouges sigillées (un bol entier Dr.37 à décor de scènes de chasse signé Paternus, Lezoux 2ème siècle), des tessons d’amphores à huile et à garum provenant d’Andalousie.
Cependant, quelques belles pièces, plus rares : cruche et marmite en tôle de bronze, cadran solaire en pierre et surtout une balance exceptionnelle, longue de 1,53 m, munie de son peson en forme de divinité couronnée de tours (Génie des lieux) pouvant effectuer des pesées jusqu’à 150 kg.
On retiendra enfin une série de vestiges moins spectaculaires mais très indicatifs de l’activité de la maison : une couche de fèves et de céréales carbonisées, un squelette de chien domestique, de nombreuses empreintes d’animaux de ferme sur les tuiles en cours de séchage et enfin serpes, hache et truelle. Tout cela laisse deviner, autour de cette maison de maître, les productions d’un domaine agricole : il s’agissait bien d’une villa rurale.

Les datations se fondent principalement sur la séquence monétaire, sur les marques et le style des céramiques. Elles s’échelonnent du début du 2ème siècle (ou même fin 1er siècle) à 260-268 où, sous le règne perturbé de l’empereur Gallien, se situe la destruction et l’abandon de la villa, sans doute sous les coups d’invasions de barbares germaniques et de l’insécurité chronique de l’époque.
Cette villa aurait donc subsisté pendant près d’un siècle et demi.

Source : Henri Barthélémy

Ouverture

Toute l'année : ouvert tous les jours.

Tarifs

Gratuit

Infos complémentaires
  • Services : Visites groupes libresVisites individuelles libres
  • Animaux acceptés : Non
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